Jeunesse Sonique
Pas de BD cette semaine. J’en lis mais je n’en trouve pas d’assez intéressante pour en faire une chronique.

Sinon le dernier album de Sonic Youth, Rather Ripped vient de sortir, et comme à son habitude, ce groupe me surprend encore, et encore après leurs 25 ans de carrière. Cela faisait déjà 3 albums que Jim O’Rourke s’était invité, et que leur son partait assez loin dans les recherches sonores, des constructions de morceaux longues, multiples et complexes. Si le premier album de leur collaboration, Nyc Ghost and Flower, ne m’avait pas du tout convaincu, le deux suivant Murray Street et Sonic Nurse était deux superbes chef d’œuvres, où chaque écoute vient enrichir la précédente de nouveaux sons auxquels on avait pas fait attention jusqu’alors. Seulement voilà, Sonic Youth est redevenu le quatuor du début, et nous livre cette fois-ci un album plus direct, plus claire, moins alambiqué. Cette immédiateté surprend, car on s’était habitué à un Sonic Youth plus complexe depuis quelques albums, mais passé cette surprise, l’album nous livre toutes ses qualités. On retrouve le Sonic Youth plus accessible de Goo ou Dirty (écoutez donc le Incinerate ou le Jams Run Free très accessibles et très bons), sans pour autant que le groupe ne perde ses recherches sonores et électriques à base de guitares désaccordées et distordues (avec le minimaliste Do You Believe in Rapture, le distordu Sleepin’Around, ou encore Rats). Je suis une fois de plus épaté par ce groupe à la carrière exemplaire et qui n’en finit pas de se renouveler aussi régulièrement.

Lorsque l’album El ventrilocuo de sí mismo de Sr Chinarro démarre on pense irrémédiablement à Cure. Même guitare rythmique bloquée sur quatre accords, même guitare électrique claire venant ponctuer les morceaux de phrases un peu aigrelettes, même basse mélodique souvent mixée en avant. Et puis arrive le texte, chanté en espagnole, et fort est de reconnaître que malgré la barrière de la langue on ne peut s’incliner devant sa grande musicalité. Enfin il y a une voix formidable, avec un ton bien grave, façon chanté/parlé qui m’a rappelé celle du chanteur d’Arab Strap, Aidan Moffat, en moins alcoolique quand même. Alors oui la ligne de basse du titre Los Carteles ressemble comme deux gouttes d’eau à celle que joue Peter Hook sur 24 Hours, dans l’album Closer de Joy Division, mais on s’en fout un peu quand même, car difficile de résister à cette pop espagnole. Je crois que j’ai ma bande son du moment, surtout avec la chaleur qui revient.
La semaine dernière c’était acoustique, cette semaine c’est électrique.

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