Sunday, May 21, 2006

Il ne fait pas beau et je suis fatigué

Pas grand-chose de neuf, niveau lecture BD et disques, je pioche quelques albums dans ma bibliothèque et ramène des galettes en soldes, ne vous attendez pas à des nouveautés.



Tout d’abord j’ai pris une dose 20th Century Boys, puis je suis devenu accro. Il faut bien reconnaître que Naoki Urasawa sait retenir ses lecteurs à son histoire. Pour chaque tome il se permet tellement de flash-back, de retournement de situation, de rebondissements, que l’on pourrait se demander s’il ne va se mélanger les pinceaux avec une telle histoire. Mais apparemment non, Urasawa semble retomber à chaque fois sur ces pattes. La construction sur plusieurs périodes est assez impressionnante (1970, 1997, 2000, 2014). Mais ce n’est pas le suspense qui est si intéressant, c’est plutôt de voir par quelle manière Urasawa va faire avancer son récit qui se complexifie de tome en tome, comment va-t-il conclure toutes ses situations aussi enchevêtrées qu’une pelote de laine. De plus Urasawa s’amuse à jongler sur plusieurs genres en même temps, Polar, Thriller, Science-Fiction, Musique (Urasawa a écrit une chanson pour le personnage de Kenji), mise en abyme réflexive (par le biais d’un personnage Mangaka comme Urasawa, qui souhaite raconter l’histoire des 20th Century Boys). Les dessins ont un style, qui, s’il rentre dans le standard du manga, fait aussi pas mal de référence aux comics, il m’a semblé y voir des références au frères Buscema, John et Sal, dans les traits d’Urasawa. Bref je compte bien tout lire, et merci à ma bibliothèque pour m’avoir fait économiser une nouvelle armoire pour ranger tous les tomes.



J’ai aussi lu la suite des Contes du 7eme souffle, excellente série de Eric Adam et Hugues Micol. J’ai eu un peu plus de mal à accrocher sur Shiro Yuki, dont la construction un brin complexe m’a assez dérouté. Par contre sa suite, Ayatsuri, sorte de mélange entre une relecture des Sept Samouraïs, et de lavage d’honneur du père de Daysuke, est une histoire bien plus passionnante à la construction plus classique, ce qui en fait finalement un album vraiment très bon. Au fur et à mesure des tomes le style de Hugues Micol s’affirme de plus en plus pour prendre sa forme définitive sur ce Ayatsuri, spontanéité des traits noirs, lâchés et hachés, cadrages contemplatifs, richesse des décors, et planches en référence au Japon.



Week-end avec Préméditation de Wazem au scénario et Tirabosco au dessin, est une histoire assez intéressante, triste, sur des trentenaires nostalgiques (je ne dirais pas « encore », puisque l’album est sorti en 2000), qui partent en Week-end à la campagne. Flashback, on comprend que l’un des trois compagnons est mort, et que les autres cherchent à se rappeler ce Week-end décisif. Wazem construit un scénario assez bien écrit, assez touchant lorsqu’il s’agit d’aborder le souvenir d’un ami perdu, un peu lourd lorsqu’il s’agit d’aborder le portrait de trois trentenaires, assez bien construit lorsqu’il s’agit de faire des flash-back, mais finalement pas si original que ça.



Côté disque je me suis dégot » le Philophobia d’Arab Strap, et il faut bien reconnaître que les seuls thèmes qui semblent motiver le chanteur Aidan Moffat sont le cul et la bière. Pourtant à bien écouter cet album, ses compositions calmes, très acoustique, très folk, qui me rappellent quelques albums de Smog, rien ne pourrait nous y faire penser. Il faut dire que l’accent écossais du chanteur pose un filtre pour qui voudrait bien y écouter ses paroles. Mais si on souhaite s’y donner la peine, cet album regorge de portrait d’une Angleterre dont les principaux moments d’une vie se déroulent dans des pubs enfumé où on se saoule, de coups d’un soir, de séparation de couple, de fin d’amour, d’autoapitoiement. Un album qui mine un peu le moral, mais qui fait du bien tellement il est bien écrit. Les arpèges de Malcom Middleton et le chanté-parlé à la voix grave d’Aidan Moffat fonctionnent à merveille pour cet album, qui viendra hanté vos fins de dimanche après-midi pluvieux.

3 Comments:

Anonymous effer said...

Hop, un acro de plus à 20 century boys!
Urasawa Naoki est vraiment un maitre du scénario et du thriller. Son dessin est d'une efficacité telle que dans la série animée Monster qui passe sur C+ actuellement, son dessin parait plus vivant que l'animation!

7:46 AM  
Anonymous Matt Murdock said...

Et oui, pour une fois que je suis une série :) Fallait bien que ça soit une série comme celle-là !

12:46 PM  
Anonymous effer said...

Qui est Ami?

7:18 AM  

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