Saturday, May 27, 2006

I Wanna go to sleep but i’ve got to blog first

Le dernier Donjon Potron-Minet, Après la pluie, est un fort bel album. Cette série est toujours scénarisée par Trondheim et Sfar, les dessins sont toujours de Christophe Blain. Mais cet album est le dernier qu’il dessine, avant de laisser la place à Christophe Gaultier. Ce Donjon est encore une fois bourré de rebondissement, ici c’est la ville de Hyacinte, Alexandra et sa bande de voleurs, qui menace de s’écrouler suite à des travaux pour construire un métro. De plus Hyacinte vient de perdre sa femme, elle a été assassinée par sa maîtresse Alexandra. Hyacinte déprime grave, pendant que le professeur Cormor lui demande de l’aide pour éviter une telle catastrophe.

Ce Donjon est un album de transition. Entre la fin de la ville de Hyacinte et le début de son retranchement dans le futur donjon, l’histoire ne manque pas de temps forts, ni d’efficacité, Trondheim et Sfar nous ont pondu un scénario assez riche, avec quelques moments de pure noirceur, sortes de restes de l’ambiance poisseuse de l’album de Bezian. Une noirceur qui me semble être l’expression d’un Trondheim qui semble porter en lui une noirceur bien difficile à dissimuler malgré l’ambiance rigolote de ses BD. Cette noirceur devient plus forte après la dévastation de la ville, lorsque les pires horreurs se multiplient dans les ruines. On reconnaît aussi les dialogues haut en couleur de Sfar qui viennent parfois contrebalancer certains passages un peu sombres, notamment lorsque Hyacinte tente de se remettre de la mort de sa femme, et d’une blessure suite à une chute.

Les dessins sont toujours aussi magnifiques, remplis d’une grande énergie, et de spontanéité, Blain est en pleine maîtrise de son art. La construction, très dense est aussi très efficace et fonctionne parfaitement bien. Ce Donjon est vraiment très bon, d’autant plus que j’avais lâché les séries pour ne suivre que les Monsters, cet album m’a donné envie de finir de lire tous des albums de Potron-Minet.



Tom Verlaine est de retour, après des années d’absence il a ressortie sa guitare pour un album solo, mais avec quelques membres de Television, invité sur certains morceaux. Songs & Other thing, est pas mal, même s’il souffre de quelques défauts, comme notamment le morceau d’ouverture, instrumental, avec une espèce de synthé année 80 qui sonne un peu trop cheap à mon goût. Après cette fausse note, l’album prend une forme tout autre avec les morceaux suivants, comme Heavenly Charm et Orbit, qui sont plus primitives, avec une batterie omniprésente, la voix chanté-parlé de Tom Verlaine, qui finit par ressembler à celle de Lou Reed, et quelques phrases de guitare plutôt bien placées. Tom Verlaine est un excellent guitariste, mais il évite, fort heureusement, de trop polluer ses morceaux de solos interminables. On n’évite pas les autres fautes de goût avec From Her Fingers, et The Earth is in the sky. Heureusement la noirceur urbaine de Documentary et Nice Actress vient rattraper tout ça. L’album se termine par un morceau instrumental encore, mais qui est pour le coup une petite merveille, deux guitares, sans effets, joué très jazzy par un Tom Verlaine qui semble courir après la période contemplative de Coltrane. Une bien belle conclusion pour un album inégal mais truffé de quelques très bons morceaux. Tom Verlaine n’incarne peut être pas la hype de 2006, alors profitons-en pour y plonger une oreille attentive à cet album, et cela malgré quelques passages qui ne m’ont pas emballés.

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