« Le courage des oiseaux »
Le dernier tome de Lupus de Frederik Peeters, éditée chez Atrabile vient clore la série après 4 albums tous assez magnifiques. Il faut bien reconnaître que j’ai trouvé cet album légèrement moins bon que les autres, mais attention ça ne veut pas dire que je le trouve mauvais, ni que je me suis ennuyé à la lecture. Non, bien au contraire, mais je pense que ce petit sentiment de déception doit venir du fait que nous avons droit à la conclusion de l’histoire de Lupus, de Sanaa, ry que nous allons quitter leurs aventures, alors que ces l’on commençait à s’attacher à ces personnages.
L’album est découpé en plusieurs parties, tout d’abord il y a la fin de la grossesse et l’accouchement de Sanaa, puis la sortie de Lupus de son état dépressif pour un retour progressif et nostalgique vers une vie certes plus terne, mais finalement plus adulte. Frederik Peeters jonche toujours son album de passages contemplatifs toujours aussi beau, on ne peut s’empêcher de penser à certains films de SF de Kubrick ou encore Tarkovski.
La construction du récit de Peeters est assez variée. Sur la partie de la fin de la grossesse, Peeters est très précis, et cherche à capter de nombreux moments intimes de Lupus et Sanaa, les blancs, les instants d’hésitation, de doute, de joie, de déprime. Il y a certes quelques passages oniriques avec les rêves angoissés de Lupus, mais ce passage est très construit. Par contre sur la dernière partie, ça se relâche, pour rentrer plus dans un état contemplatif et nostalgique, et ça m’a plus touché, j’ai trouvé cela très beau. Il faut voir le passage, d’une extrême finesse, où Lupus retrouve la mère de Tony et lui confie son jeune fils. Il n’y a aucun dialogue, juste une case répétée avec quelques nuances, c’est simple, c’est beau, et il n’en fallait pas plus.
Le dessin de Frederik Peeters se relâche un petit peu, notamment sur les quelques passages humoristiques, lors de la grossesse de Sanaa, j’ai un peu moins accroché, mais pour le reste cela reste à l’image de ce que fait l’auteur, simple et beau. J’ai particulièrement accroché sur les passages sans texte, contemplatif. Bref un bien bel album qui vient conclure une bien belle série.

Toujours dans le bon goût, j’ai écouté le dernier album de Dominique A, L’Horizon. Dominique A fait partie de ces auteurs qui m’impressionnent, il ne triche pas, il n’hésite pas à se remettre en question, sa musique est souvent simple, et sa voix est magnifique. Il faut du courage (des oiseaux, déjà) pour finalement porter ses chansons. Je ne suis pas très branché sur la chanson française, qui, il faut bien l’avouer, est coincé dans une belle impasse, mais avec Dominique A, je ne sais pas, ça fonctionne.
Après l’album Tout sera comme avant, où l’auteur cherchait à atteindre, en vain, L’imprudence de Bashung, Dominique A revient à un peu plus de simplicité. Les chansons ne sont portées que par quelques notes de piano, d’une rythmique de guitare fonçant comme un cheval au galop, et bien sûr de la voix de l’auteur. Il est parfois aidé de la guitare de Olivier Mellano du piano de Laetitia Bégou et de la batterie de Sacha Toorop.
L’album s’ouvre sur carrément un morceau de bravoure, L’Horizon, et ne m’a pas relâché. Ca continue sur les splendides Music-Hall, Rue des marais et Adieu Alma chargées en images fortes. Dominique A se relâche un peu avec les « tubesque » Dans un camion et Retour au quartier lointain. Une petite déception quand même avec La Pleureuse qui est une chanson bien gonflante, mais tout l’album est vraiment très bon.
Voilà je crois que c’est tout pour aujourd’hui.

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