Collection Patte de Mouche

S’il y a bien une collection de L’Association que j’oublie généralement de regarder, c’est bien celle-là. Pour le principe, ce sont des albums de 22 pages, en petit format. Et la plupart des auteurs de L’Association se sont prêtés au jeu en faisant des histoires courtes et intéressantes, dans un format assez restrictif.
Le premier album édité sous cette collection est Imbroglio de Lewis Trondheim, où il raconte le dénouement théâtrale interminable d‘un couple et l’ami du mari qui ont empilé une somme de complots dont on finit par ne plus comprendre les tenants et aboutissants. Comme à son habitude, Lewis Trondheim privilégie le tour de force narratif (toute l’histoire n’est qu’une somme de dénouements) et distille son récit de gags un brin dépressif, mettant en avant une certaine forme de paranoïa qui semble être à la fois celle des personnages et de l’auteur.

Celui de David B, le Cercueil de course est aussi un très bon récit, raconté comme un rêve de la même manière que les albums Le Cheval Blême et Les Complots Nocturnes. Un pilote entame une course automobile avec un squelette qui roule dans un cercueil sur roue. Cette course risque bien d’être la dernière du coureur … Un récit entre rêve et cauchemar, propre au style de David B, bien rythmé puisque le récit se déroule entièrement sur une course de voiture. La conclusion, un peu plus contemplative, est bien amenée, et ne vient pas couper brutalement le rythme de la narration.
Dans le même format, très court, Thomas Ott nous offre un récit très glauque, La Douane. Il n’y a pas de texte, et un seul dessin par page. Mais la force des dessins et du propos laisse de marbre. Thomas Ott est aussi impressionnant en format court, qu’en format long.

Vient ensuite le cas de JC Menu, qui s’est pris au jeu. Il y a une histoire somme toute amusante et morale avec ce Dinozor Apokalips où les dessins un brin crades de Menu fonctionnent à merveille avec tout un tas de bestioles énervées, cyniques et blasées. Sans oublier la conclusion assez humaniste.
Il y a aussi le Mini Mune Comix, où Menu effectue une sorte de bilan, sur lui-même, sur ces créations, on y recroise Meder, le Mont-Vérité, Tépamur, ainsi que quelques pages autobiographiques, tous cela présenté de manière improvisée. J’ai beaucoup aimé, je ne serais pas dire pourquoi, mais il y quelque chose de touchant dans cette succession de pages, nous dévoilant à la fois une part de la personnalité du bonhomme, ainsi que l’envie d’aller refaire un tour sur ces créations passées.
Bref j’adore les Pattes de Mouche, d’autant plus que quelques nouveautés de Baladi, Florent Ruppert et Jérome Mulot, viennent de sortir dans cette collection, de quoi lire encore …

On m’a prêté le dernier Arab Strap, The Last Romance, d’habitude ce genre d’album pop me laisse un peu indifférent, mais il faut bien avoué qu’il y a quelque chose dedans qui m’a bien accroché. Cela vient peut-être du chanter/parler d’Aidan Moffat, un album qui sonne un peu cold-wave (avec la rythmique en avant) mais pas trop, ou encore les quelques passages un brin folks et dépouillés. Don’t Ask Me To Dance, sonne en effet très cold-wave avec ses jolies arpèges, sa grosse basse et sa batterie qui cogne, mais la voix d’Aidan Moffat qui s’acharne à nous raconter tout un tas de problème, et que tous va pas bien du tout, a quelques choses de touchant. Confessions of a Big Brother est un joli morceau avec sa construction basée uniquement sur une guitare folk et une voix. Chat in Amsterdam, Winter 2003 et son orgue viendra vous miner le moral. Speed-Date retrouve une certaine forme de dynamique pop. Et There is no Ending, est, ma foi, une bonne conclusion. Ce n’est pas un grand album, mais un bon album de pop qu’on prend plaisir à écouter sans trop savoir pourquoi, et qu’on finit par bien aimer.
Gilles m’a demandé une nouvelle version de St-Quentin-en-Yvelines, avec la voix en avant, et il n’avait pas tort, hop voilà une nouvelle version, moins chargée.

1 Comments:
" Patte de Mouche": ça c'est vraiment une riche idée d'éditeur, notamment pour lancer et faire connaître un nouveau dessinateur, ou pour qu'un dessinateur connu s'essaye sur un petit projet original avec un format assez contraignant: beaucoup copié depuis, mais pas encore égalé!
un " Patte de Mouche", c'est comme un petit four!
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