Sunday, March 26, 2006

Changement d’horaire

Le troisième tome du Combat Ordinaire de Larcenet me pose un petit problème. Si les dessins sont splendides, le découpage est remarquable, l’histoire est touchante. Larcenet y déploie tout son talent pour en faire une fort belle histoire, centrée autour de Marco, qui vient de perdre son père, qui va écrire un livre, et qui apprend le désir de maternité de sa femme. Bref tout est bien. Ou presque. Car quelque fois quand c’est trop bien, il arrive qu’un sentiment d’ennui s'installe. Et c’est bien là le problème que j’ai eu avec cet BD, je me suis ennuyé, et ce malgré son indéniable qualité. Peut-être ai-je trouvé les rapports entre Marco et sa femme trop lisses, surtout sur la question du désir de l'enfant ? Peut-être ai-je trouvé que la manière dont Marco part à la recherche de l’histoire de son père pas assez forte ? Je ne sais pas, j’aurais aimé adoré cet album, mais il lui manque un petit quelque chose que je ne peux définir qui m’y a empêché.



Dans un registre assez différent, j’ai bien accroché sur l’album d’Ibn Al Rabin, Le monde change trop vite. En partant d’une première version de l’histoire qu’il avait réalisé lors d’un festival avec La Fabrique à fanzine, Ibn Al Rabin nous raconte comment une personne se retrouve locataire d’un appartement magnifique, mais qui change de ville chaque jour. Une idée qu’Ibn Al Rabin développera sur tout l’album de fort belle manière. J’adore la construction assez abstraite d’Ibn Al Rabin ainsi que le minimaliste du dessin. On note quand même un peu plus de décors qu’à l’accoutumer, mais l’ensemble reste minimal. Donc juste. Donc bien. Cet album est édité chez les éditions du Groinge qui réalise l’excellente revue du Comix Club. Du tout bon.

Sinon la nouvelle formule de Voici, pardon, Les Inrockuptible est assez laide. Ce magazine est en train de perdre le peu de contenu qui lui restait, pour devenir une sorte de Télérama New Wave. Bon il me reste toujours Magic pour mes préoccupations musicales, Vibrations pour découvrir tout un pan de musique que je ne connais que de manière superficielle, et Rock & Folk pour se marrer.



Pour les disques je bloque pas mal sur le New Lines de Bed, groupe tenu par le multi-instrumentiste Benoît Burello. Aidé par le guitariste Olivier Mellano, qui travaillait déjà avec Dominique A, ils construisent un bien bel album pop, centré sur une jolie rythmique, Burello y assure la plupart des basses, qui, il faut bien le dire ,fonctionnent à merveille. Attention ce n’est pas un album de bassiste tout pourri, comme les Red Hot, Primus et tout le bazard des fanfarons de la quatre-corde. Non ici c’est plutôt de la pop fine (Into The Void), du rock d’inspiration new wave voire krautrock, mais pas dans le sens de la mode, (This is where we are et Love in the west), un formidable morceau qui fait l’ouverture de l’album bâti sur une rythmique répétitive et une guitare abrasive, et plein d’autres titres dans le même genre. On regrettera juste le morceau Midsummer Night Song, assez calme, mais sur lequel je n’ai pas trop accroché. Mais pour le reste c’est du tout bon.

Un morceau de jeunesse que j’ai réenregistré tout seul à la guitare.

Voilà c’est tout pour aujourd’hui.

5 Comments:

Anonymous effer said...

Le Combat ordinaire,T3: j'ai retrouvé dans ce tome, la force du premier, surtout dans l'acharnement que met Marco a essayer de comprendre son père, afin d'en faire le deuil. Marco est pris d'un vertige, qui se manifeste dans son acharnement à photographier toute la cabane de son père avant de la bruler. Adolescent, il ne parlait jamais à son père, maintenant, il veut le comprendre, il sait qu'il a définitivement raté l'occasion de communiquer avec lui. Sa recherche est pathétique, elle est au centre de l'album. Bien sur il faut que le reste s'estompe un peut pour en ressentir l'impact: c'est terrible de voir Marco retourner interroger le tortionnaire!
C'est le second tome qui m'avait déçu, le milieu des photographes, agaçant, et les parties de bières/ fumettes de Marco avec son frère prenaient trop de place, par rapport au retour chez ses parents et aux scènes chez les anciens dockers. C'est difficile de trouver un équilibre dans un scénario aussi fort. Enfin, le dessin s'améliore nettement dans ce T3, il devient à la hauteur du scénario.

7:10 AM  
Anonymous effer said...

"Changement d’horaire" Je déteste l'heure d'été!!!

7:11 AM  
Anonymous Enro said...

Entièrement d'accord concernant les Inrocks, on perd en lisibilité et poésie et l'on se retrouve avec une maquette surchargée sans âme et déjà vue mille fois. Quant au fond, je ne sais pas, je n'ai pas acheté...

12:08 PM  
Anonymous Matt Murdock said...

Effer : Je sais, je sais, mais l'ennui a été plus fort ...
Il faudra peut être que je le relise ...

Enro : Le fond est à l'image de la forme pour cette nouvelle mouture des Inrocks.

11:06 PM  
Anonymous gwado said...

Bed ça déchire !!!!!!!

7:25 AM  

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