Et bonne année quand même !

Ma fille a fêté son premier mois le 24 Décembre, autant vous dire qu'elle a été inondée de cadeaux. Le papa a lui eu quelques BD pour Noël. Je commence donc l'année par quelques lectures plutôt bonnes, il faut bien dire.
Tout d'abord j'ai découverts l'album Des Chiens, de l'eau, de l'auteur Anders Nilsen. On commence par une relecture du mythe de Sisyphe, qui devait inlassablement remonter un gros rocher en haut d'une montagne, seulement voilà, à l'arrivée le rocher fini toujours par redescendre. Anders Nilsen s'amuse à coller un dialogue assez décalé entre Sysiphe et un canard, qui lui demande pourquoi il fait tout ça. Pas si décalé que ça quand même, puisque ce dialogue pose quelques questions existentielles assez significatives, le tout non dénué d'humour. Plutôt pas mal pour un début.
Puis débute l'histoire Des Chiens, de l'eau, où l'on découvre un homme qui marche sur une route depuis un bon moment, avec son ours en peluche dans son sac à dos, ce dernier étant la seule "personne" avec qui il peut encore avoir une conversation. Notre homme dérive sur une route au paysage désertique, où seules quelques ruines semblent être les derniers vestiges de notre civilisation. Il y croisera des loups, des pillards, un soldat blessé après une chute d'hélicoptère. Notre homme est aussi perturbé par un ensemble de rêve où il perd progressivement le contrôle d'une barque, au milieu de la mer, avant de se noyer.
Pour conclure sont album, Anders Nilsen reboucle sur le mythe de Sisyphe, et y ajoutant celui du minotaure. C'est encore l'occasion d'un dialogue assez décalé avec une touche d'humour un peu noire.
En tout cas cet album est une vraie claque, les dessins tout en abstraction de Anders Nilsen sont formidables, le récit et la construction sont minimalistes, les thèmes abordés sont universels. On tient là un superbe album.
Toujours dans le très classe j'ai eu Le Local de Gipi (ouais, le Père Noël m'a dit qu'il n'y avait plus assez de place pour Notes pour une histoire de guerre dans sa hotte). Gipi décrit le récit d'un groupe d'adolescents qui monte un groupe de rock. Il y a le chanteur charismatique, le guitariste mignon, qui a une super copine, le bassiste, grand brun un peu réservé, et le batteur complètement cinglé (il est, en l'occurrence, fasciné par le nazisme). Et tout les quatre ils viennent de trouver un local pour répéter, local aimablement prêté par le père du guitariste. Bref cela semble enfoncé toutes les portes ouvertes en matière de clichés que l'on peut rencontrer sur un groupe de rock. Pourtant le propos de Gipi est tout autre, le récit préférant s'attacher à la façon dont le groupe transgresse leurs problèmes personnels (tous les membres du groupe en ont) dans leur musique. Gipi nous présente une jeunesse italienne plein de problèmes qui se rêve une porte de sortie en faisant de la musique. On y voit aussi comment s'opère la création musicale dans de telles circonstances. Mais on y voit surtout une forme de nostalgie, comme si le temps passait devant nous, progressivement le groupe évolue, et à la conclusion (le groupe perd son local, le chanteur espère un contrat chez une boîte de disque) on se dit que le groupe, même s'il change de local, rien ne sera plus pareil comme avant. Sinon inutile de dire que les dessins et la construction sont superbes. Deuxième claque !
Au fait j'en profite pour vous souhaitez une bonne année !


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