Sunday, September 17, 2006

L’automne approche …

… Et je recommence avec les titres vagues. Mais il est temps de faire un update de ce blog, qui commençait un peu à s’endormir.



J’ai un peu du mal à trouver des BD qui me tiennent en haleine, mais je tiens quand même à signaler que Bardin le Superréaliste de Max a réussit à m’accrocher. L’inspiration lorgne beaucoup, mais vraiment beaucoup, du côté de Chris Ware pour se qui est de la représentation graphique. Malgré cette référence un peu pesante, Max s’en sort pas trop mal, notamment en choisissant de représenter un univers onirique à la Buñuel, ou encore Salvador Dali. Les fans des Pixies seront contents aussi, puisque le personnage principal, Bardin, se voit confier le pouvoir d’accéder à un univers surréaliste par un Chien Andalou. Cette jolie BD est éditée chez l’Association et elle est vraiment très très bien.

Côté disque j’ai écouté pas mal de truc en ce moment, le magnifique dernier album de Lambchop, où Kurt Wagner délaisse un peu les violons, pour nous sortir une country simple, belle, et mélancolique. Songwriting déprimant mais pudique, de part les excellentes mélodies du bonhomme. Et un superbe morceau pour démarrer l’album, Paperback Bible, que l’on recommandera pour mieux passer des dimanches soirs tristes et pluvieux.



Sinon, c’est l’affaire du siècle, le coffret A Lazarus Taxon, regroupant tout un tas de faces B, d’inédits, de remix du fameux groupe Tortoise. Des morceaux instrumentaux, construits comme un croisement de l’électro ambiant, du rock, du jazz. On y croise des réminiscences de Brian Eno, de Can, de Miles Davis. Et c’est beau, écouter donc pour voir le fameux morceau Gamera, avec sa formidable construction à tiroir, qui démarre sur les arpèges aériens de David Pajo, formidable guitariste des Slint, Tortoise, et en solo sur Papa M et sous son propre nom. Il a aussi collaboré avec Billy Corgan pour Swan, mais là on préfère oublier.



Je tiens aussi un disque culte (attention ça déconne pas !!) Extra Golden, OK-Oyot System. Ce projet repose sur la rencontre de deux guitaristes américains avec un guitariste et un percussionniste kenyan. C’est beau, ça sonne comme un croisement entre Ali Farka Touré et du blues. Dans 10 ans quelques maniaques vous ressortiront ce disque en vous disant « attention j’en tiens un bon là, accroche toi, tu vas voir … ». Aller, un extrait :

Extra Golden – Ilando Gima Onge

Tout ça m’a donné envie de prendre ma guitare, et vu que mon boulot est assez tendu en ce moment, il faut bien que cette tension parte quelque part. Autant que ça parte dans une guitare. Voilà c’est instrumental, et un peu vain, mais ça m’a fait plaisir, alors autant le faire partager.

Wednesday, August 30, 2006

Rock en Seine 2006


Le vendredi 25 Août je me suis rendu au festival de Rock en Seine. Voici un petit compte-rendu totalement subjectif. Cette petite précision faite allons-y …

Il faisait plutôt beau quand je suis arrivé sur le site, où cette année je ne me sentais pas trop parmi les vieux croûtons de concert. La présence de Morrissey en tête d’affiche avait ramené tout en tas de personnes à la trentaine bien avancée, évidement du haut de mes 29 ans, je me sentais un peu jeunot, même si quelques clones des Naast traînaient sur le site.

A peine arrivé, Wolfmother commence à jouer un rock-blues pas original du tout, qui a pour inspiration Black Sabbath et Led Zeppelin. Bonne prestation scénique, mais vraiment tout ce rock passéiste devient fatiguant à force de répéter ce qu’ont fait leurs aînées.



A ce moment je me dis que tout le public doit lire Rock&Folk, je décide donc de partir au bout de 30 minutes (être rock en 2006 c’est choisir de partir avant la fin d’un concert de Wolfmother) pour aller voir Calexico qui exécute un bon petit show, entre guitares acoustiques, électriques, et trompettes de mariachi. Dommage que les titres du dernier album sont un peu trop pop et plat, mais quelques anciens morceaux passent pas mal du tout (Crystal Frontier par exemple). A noter une jolie reprise de Love, Alone Again Or, dédicacée à Arthur Lee, qui vient de décéder. Un set un peu court, qui donne envie d’en voir un peu plus.

Ensuite je commence à regarder Nada Surf, en me disant que je vais partir au bout de 5 minutes. Mais voilà au deuxième titre Nada Surf nous balance Popular, je ne peux m’empêcher de penser que j’avais entendu ce titre il y a dix ans déjà. Saleté de nostalgie ! Je reste finalement un peu plus longtemps, les titres s’enchaînent bien, même s’ils se ressemblent un peu tous, dans un style power-pop.



Arrive ensuite une reprise d’Alain Souchon, le signal pour que je change de scène et aller voir les très attendus Clap Your Hands Say Yeah. Grosse déception pour ce groupe, dont la hype avait un peu trop gonflé, malgré un premier album tout à fait correct. Le concert de CYHSY est catastrophique, les musiciens n’ont pas l’air d’y croire, et donne l’impression d’être absents. Le chanteur, visiblement malade, n’a plus de voix, mais malgré ce handicap, la musique ne décolle pas et on peine à retrouver les ambiances de l’album de ce sous-Arcade Fire.

J’enchaîne sur Kasabian, qui nous ressort Madchester, Les Happy Mondays et autres Stone Roses. Pas très original tout ça, mais un bon show quand même. Petit détail technique, les ingé-sons auraient pu baisser un peu les basses, on entendait que ça et ça salopait toute leur musique.



Je n’attend pas la fin de Kasabian pour aller voir les TV On The Radio, dont le second album, Return to Cookie Mountain, est une petite merveille. Le concert y est aussi fabuleux, encore plus bruitiste et électrique que l’album. Ca ressemble aux Bad Brains et My Bloody Valentine, c’est beau. Lorsque Kip Malone ou David Sitek jouent une note de guitare, j’attrape un acouphène, mais ce n’est pas grave c’est beau. Il y a aussi la magnifique voix de Tunde Adebimpe et du Human beatbox. TV On The Radio donnera le meilleur concert de ce festival.

Petite pause déjeuner pendant que les Raconteurs enchaînent les solos interminables, je fuis pour rejoindre la scène de Morrissey.



Parfois il faut faire des choix dans la vie, aujourd’hui c’était Morrissey ou DJ Shadow. Je ne sais pas si June me lit encore, mais il va m’en vouloir d’avoir choisi Morrissey. Sur le moment moi aussi je regrette mon choix, Morrissey faisant vraiment trop sa diva, on dirait un chanteur de variété, genre Frederic François (si avec pareille comparaison je ne me fais pas insulter par des fans de Morrissey …). Pourtant, passé ce petit côté qui peut rebuter, Morrissey est fun en concert, avec ce second degré finalement assumé, qui viendra remplacer la tristesse d’antan. Le groupe est bon, un peu trop rock à mon goût (non vraiment la guitare double manche s’était de trop !), et fait presque regretter le Morrissey des Smiths, replié sur lui-même avec des fleurs à la main. Tiens j’oublie, Le Moz reprend plein de titres des Smiths en concert.

Voilà festival en demi-teinte avec quelques bons moments parfois. On verra l’année prochaine, si la programmation est toujours intéressante.

Saturday, August 19, 2006

Réveil toi ô blog !

Allez de retour de vacances, il est temps de mettre à jour ce blog, d’enlever un peu la poussière et de proposer un peu de contenu. Je dois avouer qu’en ce moment, je ne lis pas beaucoup de BD, et vu que je viens de rejoindre l’équipe des chroniqueurs du site Indiepoprock.net, ce blog risque de bientôt s’appeler Musix & Musix. Néanmoins je vous livre tout en vrac.



Bref … J’ai quand même lu quelques albums, comme Klezmer de Joann Sfar, qui, comme son nom l’indique, raconte l’histoire d’un groupe de musique yiddish qui se forme au début du 20ème siècle, en plein Europe de l’est. Les dessins de Sfar semblent être encore plus relâchés et spontanés qu’à l’habitude, ce qui accentue encore plus l’immense sentiment de liberté de l’auteur qui transparaît à la lecture. Sinon l’histoire correspond pas mal aux passions de l’auteur sur la musique du klezmer. Voilà qui me donne envie d’attraper ma guitare acoustique (il y a un peu de souffle, mais si vous voulez vous cotiser pour un huit piste numérique je suis preneur ...). Ou un Ukulélé.

Sinon le tome 4 du Professeur Bell avec Sfar au scénario et Tanquerelle au dessin n’est pas une grande réussite, mais l’histoire part tellement dans tous les sens, à la limite du n’importe quoi, que je me suis laissé aller, et ce fût finalement une bonne petite lecture. J’ai une faiblesse pour la limite du n’importe quoi parfois.

Le tome 3 du StereoClub, 21 Juin, n’est pas mal du tout. Un peu trop sous influence de Dupuy et Berberian, mais finalement de bons thèmes bien classiques (la préparation d’un concert, la rivalité parent/enfant, les boulots merdiques) plutôt bien amenés, et puis un ton toujours aussi sympathique. Sans originalité, cette BD se lit bien malgré tout.



Le tome 2 de Salvatore, du grand Nicolas De Crecy, est très beau, dans la continuité du premier album. Les dessins sont toujours aussi beaux, et l’histoire est toujours racontée de manière aussi habile et fine, et on se demande bien ce qu’est devenue Julie.

Sinon côté disques, j’ai écouté Awesomer de Blood on the wall, le dernier Laudanum, le premier album des Eagle*Seagull, et To Find me gone de Vetiver, et des chroniques pour Indiepoprock.net devraient bientôt arrivées.

Awesomer de Blood on the wall est sympathique pour qui aura (comme moi …) une faiblesse pour les power trio un peu noisy. Mais à part ça rien de bien original, ça brasse des références un peu trop évidentes (Velvet, Pixies, Jonathan Richman, …) mais comme c’est joué sans prétention, l’ensemble est passé, d’autant plus que l’album ne dure que 30 mn. Parfois c’est bon des albums courts.

To Find me gone de Vetiver est un très bon album de folk, entre Nick Drake, Vashti Bunyan, et le grand Neil Young. Il est joué par un pote à Devendra Banhart, Andy Cabic, c’est folk, c’est beau, c’est reposant, et c’est plein d’arrangements magnifiques. Vives les arpèges et le finger-picking.

Eagle*Seagull sont sensés être les prochains Arcade Fire/Wolf Parade/Clap Your Hand Say Yeah. Déjà sur les trois, il n’y avait que Arcade Fire qui m’avait emballé, Wolf Parade était chiant à mourir (à par le superbe titre Modern World) et Clap Your Hand Say Yeah sentait un peu trop le nouveau marketing musical propagé sur le web. Pour le moment pas grand monde n’en parle à part quelques blogs. Côté disque, les 5 premiers morceaux sont assez bons, avec comme point d’orgue le morceau The Photograph, qui en effet rappelle Arcade Fire. Allez je ne résiste pas à l’envie de vous le faire écouter :

Eagle*Seagull - The Photograph

Par contre sur la fin de l’album, les 6 derniers morceaux, Eagle*Seagull est chiant à mourir avec des morceaux qui atteignent facilement 6 mn.



Sinon la ressortie de III de Sebadoh, album matrice du lo-fi, et qui sonne putain de bien, m’a fait replonger dans mes premiers amours musicaux. Je n’arrête pas de réécouter le chef de ce groupe, Bakesale. J’ai oublié de vous dire, Lou Barlow est un génie.

C’est tout pour le moment. Si vous êtes à Rock en Seine le vendredi, et bien sachez que j’y serais aussi, pour notamment y voir Calexico, Clap Your Hand Say Yeah, TV On The Radio (qui vient de sortir un deuxième album vraiment très très bon) et le Moz'. Voilà.

Saturday, July 15, 2006

Update at last !

Je me décide enfin à mettre à jour mon blog, ouais je sais ça fait longtemps, les derniers lecteurs sont peut être déjà parti. En plus je vais sûrement manquer de temps pour les mises à jours, puisque je viens de rejoindre l'équipe des chroniqueurs du site musicale Indiepoprock
Sinon les vacances approchent, ce blog va partir en congés, avant de revenir tout frais, plein de lectures de BD, plein de disques, ...

Et comme je ne veux pas donner l'impression de blogger pour rien, je suis allé Jeudi au glaz'art, où j'ai vu :
  • FM : Une très bonne pop jouée à la guitare accoustique par le chanteur, accompagné de violon, alto, violoncelle et cor. Beaucoup de finesse, il manque peut être un peu de personnalité à l'ensemble, mais ça sonnait bien.
  • Histoire de ... : Vraiment trop bourrin, entre Deportivo et Metallica. Je n'ai pas compris pourquoi le guitariste prenait une électro-accoustique sur certains morceaux si c'est pour lui balancer une grosse distortion.
  • GooGooBloown : Guitares héroiques, grosse basse (ahh la Rickenbaker ...), et cordes. Dommage que la salle du glaz'art ne rendait pas justice à leur musique, Batterie et basse étant trop fortes par rapport au reste. Petits détails techniques empêchant de bien apprécié le groupe ...
Et pour finir un morceau instrumental à moi, fabriqué dans mon salon avec un quatre pistes.

Sunday, July 02, 2006

Sr Chinaro, encore …

Bon les vacances d’été approchent, et les nouveautés se font moindres. Ce sera l’occasion de relire ou de réécouter quelques BDs ou disques jusqu’alors un peu délaissés. Pour les disques j’attends avec impatience les deuxièmes opus des TV on the Radio, dont je reparlerais un peu plus longuement une fois la galette écoutée.

Bon, je n’ai pas lu grand-chose côté BD, mais j’ai repéré le dernier Professeur Bell, le 2eme tome de Salvator, et le Stereo club 3 qui m’ont l’air pas mal.



L’écoute récente de El ventrilocuo de sí mismo de Sr Chinarro m’a donné envie d’écouter d’autres albums d’Antonio Luques, notamment l’album 1994. Si l’on peut faire le rapprochement avec le son des Cure ou des Joy Division dès la première écoute, on se rappellera qu’au moment de la sortie de cet album, 1994, il n’y avait pas encore des photocopies de ses groupes comme maintenant, et que les seuls à reprendre Joy Division étaient les bourrins Therapy.

Il convient de noter que l’album a été produit par Kramer. Producteur indépendant, moins connu qu’un Steve Albini, mais pourtant porteur d’un son chargé de guitare réverbérée reconnaissable entre mille. Kramer a produit le premier album de Low, I Could Live in Hope ou encore Today de Galaxy 500, fleurons de ce que l’on appelle le « Slowcore », sorte de pop accoustique, aux guitares chargées en effet, et aux mélodies jouées très très très lentement.

L’album de Sr Chinarro poursuit dans cette veine, en plus pêchu, avec une rythmique bien appuyée par la guitare accoustique d’Antonio Luques. La voix est assez grave, et porte bien les paroles en espagnoles, toujours aussi musicales, malgré la barrière de la langue. On n’atteint pas le chanté/parlé cynique de El ventrilocuo de sí mismo qui était très proche d’Aidan Moffat, mais elle rappelle plus la sensibilité de chanteur comme Mark Kozelek, lorsqu’il était à la tête de Red House Painters. Mais trêve de référence 1994 de Sr Chinarro est un excellent album pop, dont les filiations avec la Cold-Wave disparaissent face aux élégantes compositions des morceaux Una Rodillita dos, porté par un piano et un orchestre à corde, ou encore Mi Caracola Loca et ses trompettes. On trouve quelques reprises comme ce Leave Me Alone de New Order, avec sa méchante basse à la Peter Hook, quelques violons, une guitare accoustique, et une voix un peu plus maladroite que sur les autres morceaux (pas grave c’est du New Order). Dans l’ensemble un très bon album de pop sensible. Du Slowcore quoi …

Sunday, June 25, 2006

Rééditons les Feelies !

Deux petites lectures de BD cette semaine, à commencer par Les Nouvelles aventures du chat botté de Nancy Peña, qui est édité chez 6 pieds sous terre. Partant d’un parfait résumé du conte en deux pages, Nancy Peña nous invente de nouvelles histoires gentiment absurdes pour le célèbre Marquis de Carabas, où cette fois-ci, il se voit menacer par une montagne, il doit retrouver son fils, un ogre transformé en souris que le félin à croquer. Aider d’une autre souris, le Chat Botté se charge de monter une mise en scène pour tromper la montagne.

L’histoire est drôle, plutôt fine, assez décalée, notamment grâce aux nombreux clins d’œil à d’autres contes disséminés un peu partout dans l’album (j’ai cru même y voir une private joke sur l’affaire du siècle). Nancy Peña mélange souvent décors et cases de la BD, ce qui donne une construction assez fluide, pour de superbes dessins. Ajouter à cela une écriture assez relevée, et une mise en abyme de l’auteure souvent assez drôle, on obtient vraiment un très bon album.



Pour la fête de la musique je me suis relu le Stéréo Club tome 2, Chante avec moi, écrit par Hervé Bourhis et dessiné par Rudy Spiessert. J’aime beaucoup cet album, et cela malgré ses défauts : une écriture dans « l’aire du temps » avec des héros trentenaires parisien, des dessins très Dupuy et Berberian, bref cet album n’est pas d’une grande originalité. Pourtant l’histoire de Didier Chadeau, chanteur-auteur-compositeur-interprète, et surtout gentiment looser, est assez touchante. On le voit passer de l’anonymat d’un chanteur pas super aimé, sa chanson, « Tous des frères », ne plait pas beaucoup à son auditoire (cette dernière est téléchargeable ici). Pourtant il va devenir une star éphémère du music-business. C’est assez drôle, ça se lit sans déplaisir, et cela malgré son absence d’originalité.



Je n’ai pas pu écouter l’album Crazy Rythmes des Feelies, et pourtant il y a dessus un morceau, Loveless love, tout simplement obsédant. Je l’ai trouvé sur une compilation, et depuis je cherche l’album, en vain, il n’a pas été réédité depuis sa sortie en 1980. Ce morceau est vraiment parfait, il débute avec deux guitares rappelant les meilleures heures de Television et de leur Marquee Moon, puis vient la batterie, le tempo s’accélère, avant que nos deux guitares partent en solo « Verlainien », et au bout au bout de 2 mn 34 de cette formidable introduction, un guitariste se met à chanter, d’une voix pas vraiment assumée, même si elle semble vouloir sagement imité Iggy Pop. Et puis il y a ses chœurs « Loveless Love, Loveless Love ». Il y a une sorte d’urgence et de spontanéité dans ce morceau, qui fait qu’à ce moment là, on se dit que cette chanson est parfaite. Et puis, tout à coup les guitares partent en veille, pour laisser place à un joli jeu de percussion, avant la conclusion, où les six cordes se réveillent pour se la jouer élastique. Et pour finir une jolie trame ambiante, qui annonce déjà nombreux de groupes à venir (My Bloody Valentine, Yo La Tango par exemple). Ce morceau est un chef d’œuvre, et comme il n’est pas facile à trouver je le balance ici :

The Feelies – Loveless Love

Saturday, June 10, 2006

Jeunesse Sonique

Pas de BD cette semaine. J’en lis mais je n’en trouve pas d’assez intéressante pour en faire une chronique.



Sinon le dernier album de Sonic Youth, Rather Ripped vient de sortir, et comme à son habitude, ce groupe me surprend encore, et encore après leurs 25 ans de carrière. Cela faisait déjà 3 albums que Jim O’Rourke s’était invité, et que leur son partait assez loin dans les recherches sonores, des constructions de morceaux longues, multiples et complexes. Si le premier album de leur collaboration, Nyc Ghost and Flower, ne m’avait pas du tout convaincu, le deux suivant Murray Street et Sonic Nurse était deux superbes chef d’œuvres, où chaque écoute vient enrichir la précédente de nouveaux sons auxquels on avait pas fait attention jusqu’alors. Seulement voilà, Sonic Youth est redevenu le quatuor du début, et nous livre cette fois-ci un album plus direct, plus claire, moins alambiqué. Cette immédiateté surprend, car on s’était habitué à un Sonic Youth plus complexe depuis quelques albums, mais passé cette surprise, l’album nous livre toutes ses qualités. On retrouve le Sonic Youth plus accessible de Goo ou Dirty (écoutez donc le Incinerate ou le Jams Run Free très accessibles et très bons), sans pour autant que le groupe ne perde ses recherches sonores et électriques à base de guitares désaccordées et distordues (avec le minimaliste Do You Believe in Rapture, le distordu Sleepin’Around, ou encore Rats). Je suis une fois de plus épaté par ce groupe à la carrière exemplaire et qui n’en finit pas de se renouveler aussi régulièrement.



Lorsque l’album El ventrilocuo de sí mismo de Sr Chinarro démarre on pense irrémédiablement à Cure. Même guitare rythmique bloquée sur quatre accords, même guitare électrique claire venant ponctuer les morceaux de phrases un peu aigrelettes, même basse mélodique souvent mixée en avant. Et puis arrive le texte, chanté en espagnole, et fort est de reconnaître que malgré la barrière de la langue on ne peut s’incliner devant sa grande musicalité. Enfin il y a une voix formidable, avec un ton bien grave, façon chanté/parlé qui m’a rappelé celle du chanteur d’Arab Strap, Aidan Moffat, en moins alcoolique quand même. Alors oui la ligne de basse du titre Los Carteles ressemble comme deux gouttes d’eau à celle que joue Peter Hook sur 24 Hours, dans l’album Closer de Joy Division, mais on s’en fout un peu quand même, car difficile de résister à cette pop espagnole. Je crois que j’ai ma bande son du moment, surtout avec la chaleur qui revient.

La semaine dernière c’était acoustique, cette semaine c’est électrique.